mardi 23 octobre 2018

COURS DROIT FISCAL GENERAL PDF

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 COURS DROIT FISCAL GENERAL






Bibliographie :
- Jean-Jacques BIENVENU et Thierry LAMBERT, Droit fiscal, PUF, coll. Droit fondamental, 4e éd., 2010.
- Martin COLLET, Droit fiscal, PUF, coll. Thémis, 3e éd., 2011.
- Jacques GROSCLAUDE et Philippe MARCHESSOU, Droit fiscal général, Dalloz, coll. Cours, 8e éd., 2011.
- Jean LAMARQUE, Olivier NÉGRIN, Ludovic AYRAULT, Droit fiscal général, LexisNexis, 2e éd., 2011.
- Cyrille DAVID, Olivier FOUQUET, Bernard PLAGNET et Pierre-François RACINE, Lesgrands arrêts de la jurisprudence fiscale, Dalloz, 5e éd., 2009.
- Martin COLLET, Procédures fiscales, PUF, collection Thémis, 2011.


Introduction :
SECTION 1 : LA NOTION DE DROIT FISCAL

§1 – Droit fiscal et fiscalité
Le droit fiscal peut être défini comme l’ensemble des règles juridiques relatives aux impôts. A première vue, les règles applicables aux impôts sont très diverses, ce sont souvent des règles sui generis et déterminent le régime d’un impôt en particulier. Règles aussi élaborées dans un simple substrat théorique. On assiste malgré cette diversité à une mise en ordre progressive du droit fiscal. Le droit fiscal connait donc avec un peu de retard le mouvement du droit administratif au 19ème siècle, c'est-à-dire le passage de ce que l’on appelle une littérature de répertoire à un système juridique organisé. Cela ne signifie pas qu’on ne peut plus étudier le droit fiscal de cette façon, mais c’est plutôt le rôle des ouvrages de fiscalité. Le droit fiscal étudie les règles applicables à l’ensemble du système fiscal et ses règles théoriques. 
§2 –Droit fiscal, science fiscale et politique fiscale.




La science fiscale est la discipline qui se donne comme objectif de définir ce qu’est un bon système fiscal. A la fois du point de vue de l’Etat et des contribuables, un bon système a un double objectif, il doit être rentable et juste. On est en présence d’une discipline qui est au carrefour des sciences politiques et des sciences de gestion. Le droit fiscal est chargé de mettre en œuvre les objectifs définis par la science fiscale. C’est une discipline assez subtile car la conciliation entre les deux objectifs est une chose délicate. La rentabilité de l’impôt ne peut pas se résumer à fixer les taux d’imposition les plus élevés possibles. Il ne s’agit pas de taxer le plus de choses au taux le plus élevé. Une telle politique fiscale pénaliserait l’économie. Deuxième raison qui relève davantage de la psychologie, une pression fiscale excessive encourage les comportements de soustraction à l’impôt. L’idée de justice fiscale figure dans le droit positif, art 13 de la DDHC indique que la contribution commune doit être également répartie entre les citoyens selon leurs facultés. Mais cette égalité n’est pas nécessairement synonyme de justice. La politique fiscale ne peut pas faire l’économie de considérations philosophiques et idéologiques, ce sont ces considérations qui déterminent quelle fonction on donne à l’impôt et sur qui on le fait peser. La fonction principale de l’impôt est d’alimenter les caisses de l’Etat et des autres personnes publiques, leur procurer les ressources nécessaires à leur fonctionnement. Cette fonction première, idéologiquement neutre, est aussi la première fonction d’un point de vue historique c'est-à-dire que c’est pour cela que l’impôt est apparu. 
L’importance de l’impôt dépend du rôle que l’on souhaite assigner à l’Etat. Plusieurs écoles ici s’opposent, débat entre les partisans d’un Etat minimaliste qui assure seulement ses fonctions de maintien de l’ordre (Etat gendarme) qui aura des besoins financiers assez limités, et de l’autre, les partisans de l’Etat providence qui délivre des prestations étendues. La France est un Etat providence et cela se traduit par un taux de prélèvements obligatoires élevé et en augmentation. Dans les Etats développés, il est difficilement envisageable de retomber à un taux d’imposition inférieur à 25% du PIB. Le taux de prélèvements obligatoires correspond à une réalité différente d’un Etat à l’autre. Certains états choisissent de privilégier les cotisations sociales à l’impôt (dont la France). En France, traditionnellement, la quasi-totalité des dépenses de la sécurité sociale était financée par les cotisations sociales. Ce modèle tend tout de même à décliner depuis 1990 avec l’institution de la CSG. Les Etats scandinaves ont un taux d’impôt élevé mais peu de cotisations sociales. Le choix n’est pas neutre parce que les cotisations sociales et les impôts ont des régimes juridiques différents. Quel que soit le système et la conception de l’Etat que l’on retient, l’impôt constitue une part essentielle de ses ressources. L’enjeu essentiel est de savoir quelles dépenses doivent être à la charge de l’Etat et quelles dépenses doivent être assurées par les ménages et les entreprises (exemple de l’éducation). 
La deuxième fonction de l’impôt, totalement idéologique, est celle de la redistribution c'est-à-dire prélever les ressources auprès de ceux qui en détiennent pour la redistribuer à ceux qui en ont besoin. Quelles sont alors les personnes à imposer en premier, c’est une question politique. L’impôt peut même remplir une troisième fonction d’incitation ou de dissuasion.



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